Est-il vrai que le chêne est mieux adapté que l’érable pour la production de planchers de remorque ?
Faux !
C’est avant tout et essentiellement une question de savoir-faire du fabricant. Le bois n’est qu’une des composantes qui entre dans la production des planchers de remorque. Le processus de fabrication, le collage, le contrôle de la qualité, etc., sont des éléments tout aussi importants à considérer. La robustesse, la durabilité et la qualité supérieure d’un plancher s’obtiennent par le contrôle parfait de toutes les étapes de production et pas seulement par les caractéristiques mécaniques et physiques du bois.


L’érable est-il moins résistant que le chêne ?
Non !
Au contraire, l’érable possède des caractéristiques supérieures au chêne. L’érable dur offre une meilleure force, une rigidité supérieure et un lien entre les fibres plus efficaces que le chêne. À preuve, il se fabrique des planchers de remorque en érable depuis 1982.

 

Propriétés mécaniques des espèces de bois
Érable à sucre
Chêne Rouge
Chêne Blanc
Module de rupture
(Force)
(kPa)
109,000
99,000
105,000
Module d'élasticité (Rigidité) (Mpa)
12,600
12,500
12,300
Force au maximum de charge (kJ/m3)
114
100
102
Cisaillement parallèle au grain (kPa)
16,100
12,300
13,800
Dureté (N)
6,400
5,700
6,000

Source : Wood handbook--Wood as an engineering material. Gen. Tech. Rep. FPL-GTR-113. Madison, WI: U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory. Chapter 4, table 4-3a


Certains disent qu’il est plus difficile de clouer dans l’érable que dans le chêne ; qu’en clouant dans l’érable, le bois a tendance à fendre. Qu’en est-il au juste ?
Tous les menuisiers d’expérience vous le diront : afin d’éviter le fendillement, pour clouer dans le bois franc (chêne ou érable), il faut simplement aplatir la pointe du clou avant de l’enfoncer. Un clou normal (pointu) fera fendre le bois franc. Un clou avec le bout aplati évitera le fendillement. En appliquant ce simple truc, il sera donc plus facile de clouer dans le bois franc.


Dans l’industrie, certains répandent l’idée que l’érable dur serait plus difficile à coller que le chêne. Est-ce fondé ?
Aucunement ! L’étude Wood handbook--Wood as an engineering material (chapitre 9, page 8) du U.S. Department of Agriculture, Forest, Service, Forest Products Laboratory, classe les essences d’érable et de chêne dans la même catégorie quant à leur facilité de collage (ease of bonding). Dans des conditions de collage parfaitement contrôlées et avec un adhésif de qualité, les essences de chêne et d’érable reçoivent exactement la même cote. Preuves scientifiques à l’appui, l’érable dur n’est donc pas plus difficile à coller que le chêne.

De fait, tout est dans la technique de collage des lattes et le savoir-faire. À un point tel qu’avec une technique de collage éprouvée, un plancher de remorque en érable sera plus résistant que celui en chêne.


Est-il vrai que les planchers de remorque en érable pourrissent plus vite que ceux en chêne ?
La pourriture du bois est une autre fausse notion véhiculée dans le marché. Pour qu’il y ait pourriture, il doit nécessairement y avoir prolifération de champignons. D’après le rapport technique Decay of Wood(11) et l’étude américaine The Nature of Wood and Wood Products (2), le bois doit présenter un taux d’humidité se situant entre 30 % et 50 % (selon l’espèce de champignons et l’essence du bois) pour qu’il y ait développement de champignons destructeurs. À titre d’exemple, le bois séché à l’air libre peut contenir jusqu’à 18 % d’humidité. Dans ces conditions, dit-on, on considère généralement que le bois est immunisé contre l’attaque des champignons et, par conséquent, de la pourriture.

Dans une situation normale d’utilisation, le taux d’humidité d’un plancher de remorque dépassera rarement 20 %. La probabilité d’atteindre le seuil minimal de 30 % d’humidité nécessaire au développement des champignons destructeurs devient donc pratiquement nulle.

Si jamais le plancher de remorque dépassait 30 % d’humidité dans des conditions extrêmes prolongées, il pourrait y avoir croissance de champignons. Mais le retour du plancher de remorque aux conditions normales (moins de 20 % d’humidité) rendrait ces champignons tout simplement inactifs et par le fait même inoffensifs.

Et si vous pensez encore que la pourriture est un réel problème, les études Wood handbook--Wood as an engineering material (3) (chapitre 3, page 18) et Hardwood of North America(4) révèlent que l’érable résiste aussi bien à la pourriture que des essences de chêne qui sont utilisées depuis de nombreuses années par les fabricants de planchers de remorque.


Sources:
(11) Decay of Wood. NRC's Institute for Research in Construction (Canada), 1972

(2) The Nature of Wood and Wood Products. Forest Products Management Developement Institute, University of Minnesota.

(3) Wood handbook--Wood as an engineering material. Gen. Tech. Rep. FPL-GTR-113. Madison, WI: U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory.463 p.

(4) Hardwood of North America - Gen. Tech. Rep. FPL-GTR-83. Madison, WI: U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory. 136 p.


Dans l’industrie, il existe une croyance à l’effet que l’érable dur aurait une plus forte tendance à varier en volume que le chêne sous l’effet de l’humidité. Est-ce vrai ?
Tel que présenté dans le rapport technique Wood handbook--Wood as an engineering material (chapitre 3, page 9) du U.S. Department of Agriculture, Forest, Service, Forest Products Laboratory, le pourcentage de variation de volume des essences d’érable se compare à celui des essences de chêne et ce, dans des conditions d’humidité identiques. La croyance que l’érable serait moins performant que le chêne est donc totalement injustifiée.

Variation en % lorsque le bois passe de vert à séché à l’air

Essences
Radial
Tangentiel
Volumétrique
Érable à sucre
4.8
9.9
14.7
Chêne Rouge
4.0
8.6
13.7
Chêne Blanc
5.6
10.5
16.3

Source: Wood handbook--Wood as an engineering material. Gen. Tech. Rep. FPL-GTR-113. Madison, WI: U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Forest Products Laboratory.


L'érable est-il plus léger que le chêne blanc ? Si oui, cela veut-il dire qu’il serait moins solide ?
L’érable, présentant une densité plus faible, est de ce fait naturellement plus léger que le chêne blanc. Concrètement, un plancher de remorque en érable pèsera jusqu’à 100 livres de moins qu’un plancher en chêne blanc. Transposé dans une économie d’échelle, il s’agit ici d’un bénéfice supplémentaire quant aux coûts de transport.

Cependant, une moins grande densité ne veut aucunement dire une moins grande solidité puisque les propriétés mécaniques de l’érable font qu’elles procurent une plus grande force et une plus forte rigidité que le chêne blanc. En conclusion, l’érable offre le meilleur des deux mondes : légèreté et solidité.


Chez un fabricant, un faible niveau d’inventaire de planchers de remorque peut-il être interprété comme une incapacité de livrer la commande à temps ?
Aucunement. C’est une question de saine planification et de disponibilité de la main-d’œuvre ; communément appelé « le juste à temps ».


 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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